" Je me disais aussi, puisque je suis impressionné, il doit y avoir de l'impression là-dedans ...", c'est là que naît le terme qui va couvrir l'un des plus impressionnants courants artistiques par le critique d'art Louis Leroy, devant la peinture de Claude Monet : Impression soleil levant.

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L'impressionnisme est un mouvement pictural français de la seconde moitié du XIXe siècle. Fortement critiqué aux débuts, comme avec le critique Louis Leroy, ce mouvement va néanmoins se développer de 1874 à 1886 par l'intermédiaire des Expositions publiques à Paris et marque ainsi la rupture de l'art moderne avec la peinture académique. L'Académie régissait les règles de " bons goûts " en privilégiant l'enseignement du dessin et ou la copie des modèles de la sculptures antique qui constituait un idéal parfait de beauté. À l'inverse, ce nouveau mouvement privilégie l'utilisation d'angles de vue inhabituels, mettre en avant des impressions fugitives, suivre les phénomènes climatiques et lumineux (que nous verrons notamment sur la représentation de la Cathédrale de Chartres) plutôt que l'aspect stable des choses, des lieux et des personnes.

La peinture impressionniste reste l'époque la plus fascinante de l'histoire de l'art moderne et la plus aimée du public, dont moi.

Partons à la découverte des principaux fondateurs de ce courant

Edgar Degas, notamment connu pour ses danseuses représentées et façonnées sur ces jeunes filles de bonne famille (ou non) pendant leurs classes et leurs entraînements réguliers, tout proche de la rampe mais également au sein des coulisses. L’intérêt de Degas pour les danseuses révèle une certaine obsession pour la femme, de son corps et que partage la société de l’époque, comme en témoigne le succès que ses œuvres obtiennent de son vivant auprès des critiques et des amateurs d’art. Le microcosme du théâtre, de la musique et de la danse est une source inépuisable et va devenir un lieu d'observation privilégié des rapports humains et des rapports contradictoires entre l'art, le travail et les affaires. Pour certaines jeunes filles qui n'étaient pas issues de la bourgeoisie, l'histoire est beaucoup plus triste qu'elle n'en paraît car très souvent leurs cours étaient payés par des "protecteurs" en échange de "services intimes".

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Edouard Manet, initiateur de la peinture moderne mais qui au départ se destinait à une carrière dans la marine et qui lui a donné le goût des voyages. Delacroix est sans conteste son maître dans le domaine de la peinture. Refusé à de nombreuses reprises aux Salons, preuve à l'appui avec la création du Salon des Refusés de 1863, et durant lequel Manet présentera deux de ses plus grandes oeuvres majeures : le déjeuner sur l'herbe (avec la représentation d'une femme nue au milieu de gentlemen en haut-de-forme) et Olympia (jeune cocotte typiquement parisienne en présence de sa servante et du chat noire, symbole de la lubricité). Mais attardons-nous sur le bar des Folies-Bergère. Une oeuvre triste à travers le regard lointain et rêveur de Suzon, jeune serveuse du café-concert, et où l'artiste nous offre deux Suzons, l’une se pliant à la demande du client (dans le reflet du miroir), l’autre s’échappant dans une sphère supérieure, loin des contraintes de la vie sociale. Le miroir, quant à lui, dispose d'un second avantage, la possibilité d'observer en tant que spectateur la vie de ce Paris d'autant avec des femmes élégantes et des hommes en hauts-de-forme admirant des acrobates sur des trapèzes.

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Gustave Caillebotte, peintre, mécène et organisateur des expositions impressionnistes de 1877, 1879, 1880 et 1882, Gustave est un personnage à multifacette en se passionnant également pour le nautisme, la philatélie et l'horticulture. Deux tableaux ont retenu mon attention. Le premier représentant deux gentlemen en habits et haut-de-forme, le Balcon donnant sur le boulevard Haussmann. Cette peinture illustre la brutale métamorphose de Paris sous le Second Empire avec la création d’une ville bourgeoise et l’édification d’un ensemble urbanistique cohérent. Un homme sur son élégant balcon en fer forgé, se penche pour regarder l’animation des trottoirs et nous offre une oeuvre vive et fraîche, caractéristiques de la peinture impressionniste. Un regard émouvant de deux hommes, en retrait, devant le bouleversement spatial et social de Paris et plus largement sur l'ensemble de la France. Je vous conseille cette image comme fond d'écran d'ordinateur, elle fait fureur au bureau.

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Quant à la deuxième oeuvre, qui avait été refusée au Salon, du fait de la simplicité du sujet : les raboteurs de parquet. Largement représentés, les ouvriers des campagnes ont été les sujets favoris de nombreux artistes, à l'inverse des ouvriers de la ville. Caillebotte traite son sujet avec une dignité et une sobriété qui excluent tout misérabilisme grâce à la chaleur des couleurs, la musculature mise en valeur par une lumière rasante et qui indique la noblesse du travail ainsi que la qualité du matériau : le bois. Caillebotte célèbre ici la dignité des travailleurs et l’amour du travail bien fait. Vous trouverez cette oeuvre au musée d'Orsay, au 5ème étage dans l'aile réservée aux impressionnistes. Le choix de l'emplacement central confère à cette oeuvre une place idéale afin d'être apprécié pleinement.

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Pierre-Auguste Renoir, à l'inverse d'autres peintres, il est d'origine modeste. Grand ami de Monet qui ne souhaite peindre que des paysages à l'inverse de Renoir ayant plus d'affinités pour la peinture figurative. Le Bal du Moulin de la Galette, chef d'oeuvre et qui sera acheté par Gustave Caillebotte lors de l'Exposition. Il s'éloigne néanmoins de l'Impressionnisme pour adopter une peinture plus classique lui permettant de sortir d'une misère naissante. Son art s'affirme et son coup de pinceau trace des lignes plus marquées avec des contours plus soulignés. Ceci est visible dans le fameux Déjeuner des canotiers à la Maison Fournaise à Chatou. Cette toile de grand format sera la toute dernière su style impressionniste par Renoir. La femme au premier plan à gauche est Aline Charigot qui deviendra sa future femme et le personnage au premier plan à droite serait Gustave Caillebotte, représenté ici plus jeune.

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Claude Monet, principal fondateur de l'impressionnisme et grand ami du Tigre, Georges Clémenceau, amateur d'art passionné. Il appréciait également Edouard Manet et souhaitait que l'État achète l'Olympia, qui fut refusé mais grâce à l'aide de Monet, fut acheté et donné au Louvre. C'est de cette amitié riche en correspondance mais également en visites, notamment à Giverny, que va naître le cycle des Nymphéas. Le site Google Art nous permet d'explorer ce musée intimiste et parcourir les Nymphéas à travers une visite virtuelle.

Visite virtuelle des Nymphéas | Musée de l'Orangerie

Le Google Art Project offre la possibilité d'accéder depuis chez soi à des collections permanentes d'institutions culturelles du monde entier. La plateforme propose à l'internaute de déambuler virtuellement dans les deux salles ovales des Nymphéas, conçues par Claude Monet entre 1915 et 1926 à Giverny, et aussi, grâce à la fonction de zoom, de s'immerger dans l'ensemble des huit compositions monumentales du maître impressionniste.

http://www.musee-orangerie.fr

 

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294133_10150354365743641_155438087_nLa maison de Giverny de Claude Monet, où il vécut plus de 43 ans de 1883 à 1926. Passionné par le jardinage, il a conçu ses jardins comme de véritables peintures. En 1893, il aménage un étang qu'il recouvre de nénuphars et crée un jardin d'inspiration japonaise, "pour le plaisir des yeux et aussi dans un but de motifs à peindre". Son jardin devient alors, jusqu'à sa mort, sa source d'inspiration la plus féconde. Il disait "mon plus beau chef-d'oeuvre c'est mon jardin". Je vous conseille de faire cette visite dès l'arrivée des beaux jours.

Á 75 km de Paris, en plein coeur de la Normandie, vous apprécierez ce lieu paisible avec son jardin (malheureusement coupé en deux par une route). Vous ressentirez au sein de la maison, l'atmosphère de ce lieu calme avec la cuisine, le salon bleu et la salle manger jaune, ouverts sur le jardin. Mais également l'atelier de l'artiste, à travers une grande baie vitrée et qui a fait le sujet d'une reconstitution. Á l'étage, se trouve les appartements privés dont la chambre de Claude Monet. 

Mais avant de découvrir toutes ces merveilles, déjeuner à l'ombre des arbres en sirotant une citronnade. Je vous conseille La Guinguette, petit restaurant sans prétention, mais furieusement appréciable pour sa terrasse et son accueil chaleureux.

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