L'idée est plus que surprenante : une e-dose d'art au quotidien.

Artips est une toute jeune startup, qui propose de recevoir une petite e-dose quotidienne d’art. L’idée se veut quant à elle simple : permettre à chacun de découvrir des œuvres d’art et ce de façon originale. Après une inscription gratuite sur le site Artips, vous recevrez un mail du lundi au jeudi, d'une anecdote amusante, décalée et mémorable sur une oeuvre d'art grâce à une newsletter.

Bref, une histoire qui doit pouvoir se lire rapidement mais qui j'en suis sûr fera de son meilleur effet en public. Evadez-vous le temps d'un moment autour d'une oeuvre d'art, lisez devant le distributeur de Kit Kat ou sur votre smartphone dans le métro.

Vous avez également la possibilité de participer en devenant rédacteur Artips.

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Pourquoi Michel-Ange est-il revenu signer sa Pietà comme un voleur ? Pourquoi la serveuse du bar des Folies-Bergères représentée par Manet semble t-elle si mélancolique ? Quelles sont les prémonitions pas si surréalistes de Dali ou de Brauner ? De l’Antiquité à l’art contemporain, Artips permet d’appréhender des oeuvres d’art sous un angle nouveau, celui d'histoire de l'art.

Grâce à son développement en responsive design, Artips peut être lu sur son iPhone, sur son iPad ou sur son MacBook. Chaque anecdote peut être facilement partagée sur les réseaux sociaux.

Anecdotes

« C’est moi qui l’ai fait ! », Où l’on apprend pour quelle raison Michel-Ange a choisi de signer sa Pietà.

Par une froide nuit à Rome en 1501, Michel-Ange pénètre le plus discrètement possible dans la Basilique Saint-Pierre, s’assurant auparavant que personne ne l’ait repéré. Il s’approche de sa propre sculpture, La Pietà, réalisée quatre ans plus tôt, pour y rajouter un détail d’importance…

La Pietà, cette sculpture exceptionnelle qu’il a achevée en moins d’un an, est le fruit d’un travail acharné. Elle représente la Vierge tenant dans ses bras son fils Jésus après la descente de la croix. L’ensemble est taillé dans un unique bloc de marbre qu’il a lui-même choisi. Michel-Ange est très fier de cette Pietà qu’il a réalisée à la demande d’un cardinal. C’est sa première grande commande d’artiste alors qu’il n’a que 24 ans.

Un jour, alors qu’il souhaitait voir une dernière fois son oeuvre avant de partir à Florence, Michel-Ange surprend la conversation de visiteurs venus admirer la sculpture. L’un d’eux déclare que son auteur ne serait pas Michel-Ange, mais plutôt un certain Gobbo le Milanais…

Michel-Ange est un homme au caractère difficile. Il peut se montrer agressif, querelleur et…susceptible ! Profondément blessé par cette absence de reconnaissance, il décide alors de s’introduire et de s’enfermer de nuit dans la Basilique. Eclairé à la lumière vacillante d’une bougie fixée sur son casque, il sculpte toute la nuit un bandereau sur la poitrine de la Vierge sur lequel il grave «MICHAL.AGELUS BONAROTUS FLORENT.FACIEBAT», c’est à dire « Michel-Ange Buonarroti le Florentin l’a fait».

Une manière de montrer à tous et pour l’éternité qu’il était bel et bien un génie. Et cela, ses contemporains l’ont compris, puisque La Pietà est la seule œuvre qu’il ait eu besoin de signer durant sa carrière…

Dans un bar aux Folies Bergère, une jeune femme s’appuie au comptoir.

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Le regard rêveur, Suzon, la serveuse du café-concert, semble bien seule. Le comptoir l’isole dans son travail tandis que le reflet du miroir donne à voir des femmes élégantes mais surtout des hommes en hauts-de-forme admirant des acrobates sur des trapèzes.

L’air mélancolique, Suzon semble divaguer. Mais le miroir indique une toute autre réalité. Un des hauts-de-forme émerge du coin du tableau et s’approche du reflet de Suzon. Elle se penche et il semble lui demander quelque chose de secret. Leur proximité est étouffante. Que souhaite donc cet homme ?

Manet le suggère en disposant sur le bar des indices. Comme les belles oranges ou l’alcool, Suzon serait-elle à vendre ?

La tête blonde de la serveuse, sa silhouette sinueuse et sa veste noire l’assimilent en tout cas aux bouteilles de champagne disposées près d’elle. Plus encore, la dentelle de sa robe évoque la mousse légère du doux breuvage et le carré de son décolleté rappelle l’étiquette qui orne chacune des bouteilles. Telles ces bouteilles casquées de papier doré, Suzon est donc un bel objet que l’on s’empresserait d’effeuiller...

Pris d’un soudain malaise, le spectateur face à ce miroir cherche en vain à se positionner. Est-il cet homme au chapeau? Que veut-il obtenir de Suzon ? Il ne peut s’empêcher de tomber dans le piège que Manet a tissé. Le client et lui ne font plus qu'un et chacun est responsable du sort de Suzon.

Manet nous offre cependant une échappatoire en décalant légèrement dans le miroir le reflet de la jeune femme. On verrait presque deux Suzon. L’une se pliant à la demande du client, l’autre s’échappant dans une sphère supérieure, loin des contraintes de la vie sociale. Et cet ailleurs vers lequel Suzon s’échappe et auquel Manet nous donne accès, c’est dans ses yeux finalement qu’on le voit le mieux.